Lexique

Avertissement au lecteur

Selon les régions, les mêmes termes désignent des réalités différentes. Une clavade est soit une façon de ranger des pierres, soit une construction agricole dans sa globalité (petit barrage sur un ruisseau pour capter des alluvions), soit un barrage destiné à dériver de l'eau dans des petits canaux d'irrigation , connue aussi sous le nom de levade.

Le monde de la construction en pierres sèches étant immense, est répertorié un grand nombre de mots décrivant des outils, des techniques, des méthodes,des ouvrages que nous ne rencontreront jamais sur notre chantier. Rendant compte de façon majeure de l'art de la pierre c'est à ce titre qu'ils sont intégrés au lexique.

Des termes relatifs à des techniques gravitant autour de la construction en pierres sèches sont de la même façon intégrés. Connaître la signification de ces termes est souvent utile, voire indispensable. Il peut s'agir de maçonnerie, terrassement, menuiserie, espaces verts...

Certaines définitions sont un peu plus développées, ceci afin de donner à ce lexique une dimension plus pédagogique D'autres apparaissent comme évidentes voire simplistes. Il ne nous semble pas inutile cependant d'en rappeler le contenu. D'autres enfin, exprimant une réalité complexe ont une définition simplifiée et sont incorporées au lexique dés lors qu'elles font partie du quotidien sur le chantier, quotidien pouvant être d'ordre environnemental, économique voire institutionnel.

En pratique : pour accéder à sa définition cliquez dans la liste sur le mot choisi . Pour revenir à la liste cliquez sur ce même mot trouvé dans le lexique.

Acacia   Accolé   Appareil (ou appareillage)   Assise   Banquette   Barre à mine   Besace d'angle Billier   Binôme   Blocage   Boucharde   Bouclement   Bouffement   Boutisse   Boutisse Parpaigne   Buis   Calade   Cale   Carreau   Capitulaire De Villis   Chantepleure   Chaux   Ciseau Clé   Communauté de communes   Compacité   Conseil général   Conseil régional   Contremur Cordeau   Coup de sabre   Couronnement   Décaissement   Dégauchissage   Délit   Elégissement Encoignure   Entretien   Epaulée   Epierrage   Equerrage   Escalier   Fil à plomb Four à pain   Fourrure   Fruit   Gabarit   Granide   Granite   Hérisson   Jardin médiéval   Liais Liant   Lit   Massette   Minipelle   Mortier romain (ou mortier de chaux)   Murailleur   Niveau   Noisetier   Palan   Paneresse   Parement   Passage   Pendage   Pierre crue   Pierre d'angle   Pierre gélive   Pierre moulinée   Pierre Mouvante   Pile d'assiettes   Ragondin   Relèvement   Remblai   Remontage   Reprise   Sable   Sauterelle   Sécurité   Semelle   Smille   Soustille   Taille de la pierre   Tête de mort   Têtu   Tractopelle   tri (des pierres)   Vivier   Zone humide


Acacia : nous dénommons tous acacia ce qui est le robinier ( ou faux acacia). Originaire d'Amérique du Nord , il est introduit en Europe au 17ième siècle comme arbre plutôt environnemental, puis devient une essence d'exploitation forestière et de reboisement (il est massivement planté en Hongrie devenant l'arbre national et le symbole du pays). Il est très important pour la stabilisation des terres humides ou l'apiculture même si son importance s'amenuise. Les plus beaux sujets peuvent atteindre une hauteur de 25 mètres. L'arbre porte de belles fleurs en grappe, blanches et odorantes.

Le bois du robinier est réputé imputrescible d'une durée comparable à celle de nombreux bois tropicaux. Il est employé à la fabrication de piquets, bardages, platelages, mobilier urbain. Il reste cependant méconnu. Par ailleurs son caractère invasif pose des difficultés. Il forme des bosquets envahissants, épais, au travers de drageons épineux.

Le véritable acacia (de 500 à 1500 espèces selon les sources!) , est source, parfois, de récolte de gomme arabique. En France nous connaissons le tamarin et surtout le mimosa aux magnifiques fleurs jaunes.

Accolé : se dit de deux éléments (deux pierres ou deux murs) qui sont à la fois juxtaposés et solidaires (voir reprise).

Appareil (ou appareillage) : C'est le mode d'organisation des divers éléments entre eux lors de la construction d'un mur de pierre. Soit la « maçonnerie » est formée de pierres posées et non « jetées » ou chaque élément est taillé pour occuper une place déterminée, soit constituée de pierres aux parements de toutes formes, polygonaux, aux arêtes vives, légèrement rectifiées au têtu, les angles saillant d'une pierre venant combler les angles rentrants des pierres déjà posées et réciproquement. On parle alors d'un appareil incertain.

Il existe, en fonction du matériau à disposition et selon les régions, des appareils formés uniquement de boutisses, de boutisses et panneresses, sur la tranche ou en épi, ou parfois la conjugaison de deux d'entre eux (épi et sur tranche).

Assise: rang de pierres de même hauteur formant une couche horizontale à quelle que hauteur on se situe dans le mur.

Banquette : épaulement prenant parfois la forme d'un mur de soutènement construit dans un talus de remblai pour structurer un tout plus stable.

Barre à mine : barre en acier avec une extrémité aplatie pour la percussion, l'autre, pointue, pour forer des trous. Elle est aussi utilisée pour percer des pierres ou faire levier pour les déplacer.

Besace d'angle : deux murs se rejoignant et formant un angle sont liés entre par construction. Les pierres en panneresses d'un pan du parement de l'un sont en boutisse du pan de parement de l'autre.

Biller : déplacer une grosse pierre en la faisant pivoter d'un côté puis de l'autre pour la faire avancer.

Binôme : c'est à deux murailleurs et surtout pour les murs à double parement que la construction est optimisée. Selon la compétence et le savoir faire de chacun la pose et le choix des pierres peut être alternée. Le transport des pierres les plus lourdes est facilité. A trois, il peut y avoir un pourvoyeur de matériau qui alimente ses collègues. Il doit suivre l'édification du mur, anticiper, être avisé. Ce n'est pas le poste le plus facile à tenir.

Blocage : mélange grossier de cailloux et de mortier remplissant parfois l'intervalle entre les deux parements d'un mur.

Boucharde : marteau de tailleur de pierres à deux têtes carrées et découpées en pointe de diamant (dents en forme pyramidale).

Bouclement : déformation d'un mur qui sous l'effet d'une poussée latérale devient bombé (ventre).

Bouffement : déformation d'un mur dont le parement se détache, mal solidarisé du reste du mur par manque de boutisses.

Boutisse : Pierre dont la longueur se trouve dans l'épaisseur du mur et dont un des bouts est en parement.

Boutisse parpaigne : boutisse faisant toute la largeur du mur et dont les deux bouts sont en parement (dites aussi traversante ou traversière).

Buis : C'est une plante très ancienne. Certains fossiles retrouvés datent du pliocène (dernière période de l'ère tertiaire longue de 65 millions d'années, précédant notre ère quaternaire elle même longue de 1,6 millions d'années). Cette plante vit sur la terre entière de l'Himalaya aux Caraïbes.

D'abord ornemental en Europe, le buis devient le bois d'oeuvre le plus dur par excellence, utilisé pour la fabrication d'instruments de musique comme la clarinette et la gravure sur bois. Il est un arbrisseau compact, haut de 1 à 3 mètres. Nous en avons un magnifique dans le verger du château de Naucaze, difficile à dater, mais au moins centenaire.

Calade : empierrement d'un chemin, d'un passage en déclivité, en général dans une zone en pente ou l'on souhaite maîtriser le ravinement du sol. Les rampes caladées sont les cousines éloignées de l'escalier. L'ouvrage doit être calé de tous côtés, le pavage s'effectuant de bas en haut en commençant par des grosses pierres. Tous les espaces libres sont comblés avec de la terre soigneusement balayée. Les calades sont aussi réalisées pour le passage des animaux. On ne parle pas de marches mais d'enmarchements espacés ou « pas d'âne » ou de gradines dans des jardins plus urbains.

Cale : petite pierre immobilisant une pierre de construction .Elle doit impérativement comporter un angle aigu pour bien s'enfoncer sous la pierre à caler .Ces cales de pose sont insérées à l'intérieur au fur et à mesure que le mur monte .Les cales dîtes de parement (à éviter même si elles tiennent en force) sont utilisées pour masquer les trop grands espaces visibles à l'extérieur. Attention!: poser une cale sur une autre cale est une erreur grossière qui se passe de tout commentaire.

Capitulaire De Villis : (voir jardin médiéval, verger). Un capitulaire est un acte législatif de l'époque carolingienne. Prés de cent ont été rédigés, plus ou moins importants par la taille et le contenu, divisés en petits chapitres, les capitules d'où le mot capitulaire. Ces ordonnances de l'empire suggèrent les règles à observer dans tel ou tel domaine d'activité. Ca va de la recommandation à l'obligation de droit pouvant être sanctionnée si elle n'est pas respectée. La bonne application des textes est contrôlée par les missi dominici ( envoyés du maître).

Le capitulaire de villis, promulgué par Charlemagne énumère ce que ses domaines (villis) doivent cultiver en plantes alimentaires, médicinales, textiles et décoratives. Mais cette ordonnance (un seul manuscrit de quarante pages existe) aborde bien d'autres sujets comme la fauconnerie, la chasse, la botanique, l'agriculture, l'alimentation, la médecine, les métiers, la création d'écoles...etc. Il s'agit d'une oeuvre collective , rédigée pour partie par un certain Alwin, érudit et savant, probablement moine de son état.

Carreau : pierre posée en longueur dans le mur et reposant sur son côté le plus étroit ou  « de chant » ou parfois sou son côté le plus large ou « panneresse ». Une pierre posée avec sa longueur dans le sens vertical est dite « de bout » ou posée en « délit ».

Chantepleure : permet l'écoulement des eaux d'infiltration en écartant légèrement quelques joints à la base d'un mur (assez proche de barbacane).

Chaux : utilisée dés l'antiquité pour la construction, elle est supplanté par le ciment au 19ième siècle. C'est une matière poudreuse de couleur blanche obtenue par décomposition thermique du calcaire. Sortie du four elle est dite vive. En ajoutant de l'eau elle devient éteinte ou aérienne ou grasse. Elle est appelée hydraulique ( ou maigre) quand sa composition en calcaire argileux est telle qu'elle se durcit en présence d'eau. La chaux connaît un regain d'intérêt, elle seule étant compatible avec la maçonnerie des bâtis anciens en moellons ou en pierres de taille. La chaux grasse est surtout utilisée dans la sidérurgie, le BTP, l'agriculture. La chaux maigre est utilisée pour la mise en oeuvre des mortiers. L'appellation normalisée est NHL (natural hydraulic lime). Elle est notée de 1 à 5 selon le pourcentage important d'argile et inversement moindre de chaux « pure ».Le NHL2 est utilisé pour des enduits sur supports fragiles (temps de prise de 10 à 25 jours). Les NHL 3,5 et 5 sont utilisés pour monter des murs (temps de prise 3 à 6 jours ce qui ne veut pas dire séchage).

Ciseau : tige de fer terminée par un tranchant constitué de deux biseaux (un seul biseau pour le ciseau à bois).

Clé : en l'absence de boutisses parpaignes l'on peut, à la place, assembler en tenaille la queue d'une boutisse non parpaigne d'un parement avec les deux queues de boutisses partant du parement opposé, l'une en dessous de l'autre. Il s'agit d'une clé horizontale.

Communauté de communes : Obéissant à la Loi du 6-02-92 modifiée en 1999 puis 2002 c'est un Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI)regroupant plusieurs communes (d'un seul tenant et sans seuil de population) en milieu rural, destiné à en aménager l'espace et à en assurer le développement. Il en existe environ 2500 en France.

Cette entité est gérée par un conseil communautaire composé des conseillers municipaux des communes membres (aucune d'entre elles ne peut être majoritaire). Les membres du conseil seront élus au suffrage universel dans le cadre des municipales à partir de 2014. L'entité dispose d'un Président et d'un Directeur. La communauté de communes exerce les deux compétences citées plus haut ( développement économique et aménagement de l'espace) et au moins une autre, optionnelle, parmi l'environnement, le logement, la voirie, l'équipement culturel, l'action sociale, l'assainissement, et ce, dans le souci de l'intérêt communautaire Ses ressources sont constituées d'une partie des impôts locaux reversée par les communes (taxe d'habitation, foncière sur bâti et non bâti...). La taxe professionnelle ( importante pour les ressources) supprimée est remplacée par la contribution économique territoriale avec l'attribution possible d'une compensation de l'Etat (dotation globale de fonctionnement).

Compacité : elle traduit la qualité de construction d'un mur dont on dit qu'il est compact. Si l'on respecte, entre autres, les règles que chaque pierre doit toucher ses voisines (on dit qu'elles sont mariées), que les espaces entre et sous les pierres doivent être comblés, que ces pierres prises une à une doivent être calées (dans les six directions), que ces pierres stabilisées ne doivent être penchées ni vers l'intérieur ni vers l'extérieur...etc, alors le mur en pierres sèches perdurera.

Conseil général : c'est l'assemblée délibérante d'un département qui est une collectivité territoriale. Les conseillers généraux sont élus pour 6 ans au suffrage universel à raison de 1 par canton. Le Conseil élit une commission permanente composée d'un Président et de plusieurs vices-Présidents .Le Président est le chef de l'administration départementale et dispose d'un pouvoir exécutif.

Les compétences principales sont l'aide sociale (protection infantile, insertion et RSA), l'aide aux personnes handicapées et âgées, la prévention sanitaire, l'éducation, la culture, l'aide aux associations et aux communes, le financement du service incendie. Depuis 2004 d'autres compétences ont été attribuées (nouvelle vague de décentralisation), dans le transport (une grande partie du réseau routier) et l'action sociale (logement, éducation, culture).

Un contrôle de légalité est exercé par le Préfet, un financier par la chambre régionale des comptes. Les ressources budgétaires sont nombreuses. Citons les plus importantes, dotation de l'Etat; imposition directe, emprunts, impositions diverses pour 90% dans le Cantal.

Conseil régional : c'est l'assemblée délibérante de la région? Ses membres sont élus au suffrage universel direct, pour 6 ans, par département, leur nombre variant en fonction de la population. Un Président élu par ces conseillers exerce une fonction exécutive. Il se déroule une réunion plénière du conseil une fois par trimestre, des séances ouvertes au public sauf huis clos, des commissions sur tel ou tel sujet. Le président et les vices Présidents forment une commission permanente qui remplace le conseil entre ses réunions, avec moins de prérogatives.

Les principales compétences consistent en l'aide à l'économie et au développement, l'aménagement du territoire en concertation avec l'Etat, l'enseignement pour les lycées, l'environnement, l'organisation du transport par train régional, la formation professionnelle dont la gestion financière AFPA , les équipements ports et aéroports, les routes...nationales.

Le Préfet de région, nommé par l'Etat, dirige les services déconcentrés de ce même Etat en région. Il relaye la politique du gouvernement, contrôle la légalité et le respect des règles budgétaires. Les recettes sont constituées pour l'essentiel des dotations de l'Etat (30%), la fiscalité (50%), de fonds européens (5%).

Contremur : mur bas, à un seul parement, édifié contre un autre mur plus élevé et sans lien entre eux. Il peut être de renfort ou de rangement.

Cordeau : cordelette que l'on tend entre deux points pour tracer une ligne droite, aligner un ouvrage.

Coup de sabre : visible dans le parement, c'est une succession de joints verticaux, alignés formant une sorte de grande lézarde. C'est un défaut de construction majeur, à rapprocher des piles d'assiettes, fragilisant le mur.

Couronnement : assise terminale d'un mur constituée de grosses et lourdes pierres le plus souvent posée à plat et chargeant en les stabilisant les assises inférieures.

Décaissement : excavation peu profonde destinée à recevoir une assise de fondation ou la semelle d'un mur.

Dégauchissage : aplanissement du parement d'une pierre en faisant sauter les aspérités, les bosses et ce, plus ou moins grossièrement.

Encoignure : angle intérieur formé par la rencontre de deux pans de mur.

Epaulée : traditionnellement un mur se construit sur toute sa longueur, assise après assise (ou lit par lit, celui de pose, celui d'attente...etc). S'il est édifié par tranches successives sur toute sa hauteur on di qu'il est construit par épaulées (mot désignant ainsi chacune des tranches).

Délit : une pierre est dite en délit lorsqu'elle est extraite perpendiculairement à son lit de carrière lui même horizontal. La pose en délit est à éviter surtout si la pierre posée tend à se fissurer (se déliter) dans le sens de sa stratification. Ce type de pose est toléré quand le matériau est compact et dur.

Elégissement : élégir une pierre est en réduire les dimensions.

Entretien : un mur non entretenu peut évoluer vers sa ruine. Il est à la fois très solide, robuste mais aussi fragile, même si la maçonnerie au mortier romain est utilisée pour les endroits passants comme les passages d'homme et les escaliers.

Il peut être affecté par la désagrégation des pierres gélives ou friables, être sujet à éboulement, basculement du parement, à la déformation sous forme de ventre, au déchaussement.

Si l'on a pas supprimé la végétation arbustive poussant sur le mur et à deux mètres de ses parois, le risque est d'autant plus grand.

Il ne faut jamais attendre l'effondrement mais démonter puis remonter toute zone abîmée.

Epierrage ou épierrement : Technique consistant à ramasser des pierres aux alentours d'un chantier, notamment dans les champs ou pour partie dans les ruines d'un ancien ouvrage. La qualité du matériau n'est pas comparable à celle obtenue en carrière. Rarement plus de 30% des pierres sont utilisables.

Equerrage : mise à angle droit ou vérification de la perpendicularité et du parallélisme de divers éléments d'une structure, par exemple d'un mur, hors respect du fruit. L'instrument utilisé est l'équerre, pièce de bois ou de métal dont la forme présente un angle droit.

Escalier : Dans les terrasses de culture on rencontre souvent des escaliers dits « inclus ou volants ». Ils sont parallèlement accolés ou intégrés dans le mur à gravir. Dans ce dernier cas les marches sont d'énormes boutisses saillant du murs, les corbeaux, du pied jusqu'à l'arase du mur.

Si l'escalier est plein, avec ou sans mur de retour bordant le palier supérieur, le mur de cage, on dit qu'il repose sur un mur d'échiffre, côté vide. Les marches plus imposantes du seuil et du haut sont dites palières.

Les escaliers perpendiculaires au mur à franchir montent jusqu'à un passage pratiqué dans ce même mur. Le soutènement de l'escalier est en pierre, fourrure, terre et se comporte comme un double mur d'échiffre. La technique de construction, plus grossière, reste la même que pou un mur classique.

Fil à plomb : fil muni à une extrémité d'un morceau de métal lourd pour matérialiser la verticale

Four à pain : il en existe sur tous les continents. C'est un ouvrage en maçonnerie, vouté, accessible par un côté. Le matériau de construction est trouvé sur place, pierre, brique s'il y a de la glaise, réfractaire ou pas... Au moyen âge, avant que les fermes ne possède leur propre four, cuire le pain est privilège du seigneur. On se rend au four dit banal et à chaque cuisson une taxe était prélevée, la banalité. La bouche du four est parée de mortaises latérales en pierre, massives. Le four proprement dit est constitué d'une sole (surface sur laquelle on fait brûler le bois de chauffe puis cuire le pain) réalisée avec un matériau réfractaire ( briques, grosse pierre plate). Cette sole est recouverte d'une voute fabriquée avec le principe du «  gabarit » en sable ou terre en forme de dôme retiré après la construction, voute habillée puis protégée par un toit étanche vouté ou pas. La mise en température se fait à l'aide de fagots (noisetier). Les cendres sont récupérées avec un racloir dans un cendrier intégré ou pas au four. Ces cendres servent de lessive et savon. La sole chaude proprement nettoyée, on enfourne, les gros pains sur les côtés, les petits et les pâtisseries au milieu. Notons que la bonne température de cuisson avoisine 300°C et que l'apport d'un peu d'eau en cours de processus développe le pain et embellie la couleur.

Fourrure : ensemble de petites pierres (blocaille) formant le coeur du mur, empêchant, entre autres, le parement de glisser vers l'intérieur et stabilisant la construction par blocage. Les pierres ne doivent pas être négligemment disposées mais serrées, coincées, bloquées, stabilisées les unes les autres. Aucune zone, la plus petite soit elle, ne doit rester vide. La fourrure est la garante de la solidité du mur. La médiocrité de sa pose explique une grande partie des écroulements.

Fruit : légère inclinaison donné au parement d'un mur pour que ce dernier penche légèrement vers l'intérieur, de la base au sommet. L'équilibre est renforcé ainsi que la solidité du mur.

Gabarit : cadre de bois plus ou moins complexe, reproduisant la forme du futur mur à monter.

Gradine: ciseau (voir ce mot) particulier, très effilé, muni de trois à six dents servant à dégrossir les parements.

Granite : roche magmatique se formant en profondeur par refroidissement très lent du magma. Ce mélange minéral se forme dans un ordre précis, par cristallisation du mica, des feldspaths puis du quartz. Le granite constitue une grande partie de la couche terrestre. En France il affleure en Bretagne, les Vosges, les Alpes, le massif Central. Sa densité moyenne est de 2,7g / cm3.

Hérisson : couronnement d'un mur par une rangée de pierres posées de chant, perpendiculairement ou obliquement.

Jardin médiéval : du 7ième au 13ième siècle, sous l'influence monastique, le jardin médiéval est un espace clos disposant ou pas de structures construites comme des bancs, des fontaines, des puits,des allées, des pergolas, des banquettes de gazon, consolidées, sur lesquelles on peut s'asseoir .Les espaces cultivés sont bien délimités, le plus souvent par des fascines en branches (plessis) de saule, d'osier tressées, de coudrier et de châtaigner. Dans le capitulaire de villis ou        «  liste de Charlemagne » (voir ce mot) il y a obligation de cultiver environ 90 espèces de plantes dans les cloitres et les jardins de l'empire, dont des herbes, des légumes et des arbres fruitiers L'herbularius ou le jardin dit des simples renferme les plantes médicinales et aromatiques servant à préparer remèdes, tisanes et onguents.. Les carrés sont agencés selon l'usage de ces plantes, fièvre, purges...etc. L'hortus ou potager comporte le plus souvent 9 carrés (9 comme 3x3) pour respecter la symbolique chrétienne de la trinité. Les céréales et les légumineuses sont les plus représentées. Parmi les principaux produits citons les choux, oignons, poireaux, des feuilles à cuire comme les bettes, épinards, ou encore les navets, les carottes et autres potirons.

Un grand nombre de condiments remplaçant les épices se trouvent dans le jardin : l'ail, la moutarde, le raifort, coriandre, fenouil, thym, basilique...etc. Il existe parfois un jardin secret ou un jardin dit d'amour... ou l'on trouve de nombreuses banquettes fleuries. Parfois encore se découvre l'hortus conclusus, ou jardin de Marie, un endroit dédié à la méditation ou tous les éléments sont codifiés comme la couleur des fleurs, leur senteur,le chant d'oiseaux en volière...etc. Enfin le viridarium , le verger, planté d'arbres fruitiers (poiriers, pommiers, cerisiers, pruniers entre autres) agencés en forme de croix et qui sert de cimetière (élévation des cimes vers la spiritualité, méditation, repos à l'ombre du feuillage).

Liais : pierre allongée dans le sens du parement pour le rendre plus solide. C'est le même principe que pour la boutisse (voir ce mot) dans l'épaisseur du mur.

Liant : composé minéral (chaux, plâtre) qui provoque le durcissement du mortier. Les plus courants sont dits hydrauliques (durcissent au contact de l'eau).

Lit : dans une construction les pierres sont superposées lit par lit, successivement lit de pose et lit d'attent

Masse : gros marteau à tête carrée de 7 à 12 kg et à long manche. Il permet de fendre des pierres et de briser des roches trop lourdes.

Massette : outil de percussion indirecte disposant d'une tête en acier rectangulaire ou conique (portugaise). La massette pèse entre 0,5 et 1,5 kg.

Mini pelle : pelle mécanique hydraulique de petite taille constituée d'un châssis sur chenilles surmonté d'une tourelle pouvant tourner sur 360 degrés portant le moteur, le système hydraulique, le poste de conduite et l'équipement. La flèche, reliée à la tourelle est prolongée par le balancier qui supporte le godet. Le poids d'une mini pelle varie de 0,5 à 7 tonnes.

Pour mémoire les plus grosses pelles peuvent peser jusqu'à 980 tonnes avec un godet de 42 m3

Un grand nombre d'utilisations est possible, à titre principal, le terrassement,les fondations, démolition, triage...etc.

Mortier romain (ou mortier de chaux) : La structure d'un bâti en pierres sèches étant souple et déformable, elle ne peut tolérer des des mortiers de ciment, durs et cassants. La souplesse du mortier de chaux à prise lente (véritable pâte plastique durcissant en surface et restant souple à l'intérieur), sa perméabilité à la vapeur d'eau, est le seul mortier adapté au bâti ancien. Le séchage, sans adjuvant, est de tris à quatre semaines, en fonction de l'hygrométrie.

Très ancien, ce mortier est utilisé par les Egyptiens puis surtout les Romains. A l'origine il est constitué d'une partie de chaux pour trois de sable. Pour la coloration et la densité, une partie de sable peut être remplacée par une partie de terre fine qui constitue un bon granulat augmentant la plasticité et la dureté du mortier. L'ajout d'argile a ses partisans. Elle aide le mortier à dégorger lorsqu'il sèche. Les opposants reprochent à l'argile de se loger en pellicule autour des grains de sable, empêchant le liant de prendre. De plus gonflant à l'humidité l'argile peut fragiliser la structure.

Enfin, dans certains cas le mortier romain mérite d'être gâché maigre. Le rapport chaux/sable peut s'établir de 1 à 5 voire 6.Il est alors utilisé en intérieur de mur ou pour des joints à l'ancienne.

Murailleur : si construire un mur en pierres sèches peut paraître simple, il n'en est rien. Le croisement des pierres et leur calage, l'utilisation de boutisses en clé, le bon choix des éléments à l'oeil et au toucher... nécessitent une grande dextérité, de la ténacité, de la minutie et de la force physique. Un bon artisan porte en moyenne quatre tonnes de pierre dans la journée.

Noisetier : appelé aussi coudrier il est recherché par ses fruits mais aussi pour son bois facile à tailler, flexible et résistant, utilisé en vannerie, tonnellerie ainsi que pour la fabrication de cannes et de traverses .Il serait une des rares espèces de l'ère secondaire (moins 70 millions d'années) à avoir survécu, c'est dire sa solidité! Le coudrier vit aussi bien à l'ombre qu'en plein soleil. Il forme de grands arbustes à plusieurs tiges pouvant atteindre des hauteurs de 8 mètres.

Son cousin asiatique, le noisetier de Bysance, est très résistant, d'un bois de qualité utilisé encore au 19ième siècle pour le placage des meubles. Il a une croissance droite , en pyramide, pouvant mesurer 25 mètres de haut.

Niveau : instrument qui sert à vérifier l'horizontalité d'un plan ou d'une droite.Le niveau à bulle d'air est le plus souvent utilisé

Palan : appareil de levage à mécanisme démultiplicateur utilisé pour soulever et déplacer des charges .Il est constitué au minimum de deux poulies ( petite roue qui porte sur sa jante ou gorge une corde qui sert à transmettre un mouvement),l'une fixe, au dessus, l'autre mobile,en dessous ,reliées par une corde. La poulie mobile est reliée à la charge. Quand on tire sur le brin de corde libre (le garant) la poulie du dessous monte par transmission du mouvement. Il y a deux brins de corde entre les deux poulies par enroulement. Chacun tracte la moitié du poids et la force de traction égale la moitié de la charge soulevée ( rapport 2). Plus il y a de poulies en série (un groupe de poulies est un moufle) plus le nombre de brins est grand .S'il y a 2 fois 2 poulies, il y a 4 brins, chacun tractant ¼ de la charge, soit 25 kg pour une pierre de 100kg (rapport 4). La force de traction sur la corde libre sera elle même de 25 kg. Rappelons que plus il faudra soulever haut la charge plus il faudra tirer une longueur importante de corde et ceci dans le même rapport de 1 à 4. Dans l'exemple précédent il faut tirer 40 cm de corde pour soulever la pierre de 10 cm du sol.

Panneresse ou carreau : la plus grande longueur de cette pierre est en façade du mur lorsqu'elle est posée.

Parement : partie visible soigneusement alignée d'un mur. Cette face extérieure doit être belle et homogène. Les pierres de blocage sont solidement insérées. Certaines boutisses peuvent saillir de quelques centimètres. Elles rentrerons dans le rang quand le mur prendra sa place.

Passage : ouverture permettant de franchir un mur. La brèche ménagée est juste suffisante pour un homme ou du bétail. Un passage est en forme de « V » ou de « U » avec un seuil surélevé ou pas .Particulièrement sollicitées, les extrémités des murs qui l'encadrent doivent être solides, la technique de construction devant être strictement appliquée. L'utilisation de mortier romain(voir ce mot) est parfois nécessaire.

Pendage : légère inclinaison, plus souvent vers l'intérieur et dans le respect du fruit, des pierres d'une assise ou même des pierres de construction qui plongent alors vers l'intérieur du mur.

Pierre crue : pierre brute, à l'état naturel.

Pierre d'angle : pierre qui a deux parements formant un angle droit.

Pierre gélive : pierre susceptible de se fendre, d'éclater sous l'action du gel.

Pierre moulinée : pierre qui se désagrège en partie ou en totalité, lors de sa manutention notamment.

Pierre mouvante : pierre pouvant être remuée par un homme seul.

Pile d'assiettes : superposition de plusieurs pierres plates sans croisement des joints d'une ligne (plus exactement d'une assise) à l'autre. C'est une erreur grossière, indigne d'un murailleur, même s'il s'agit d'un débutant.

Ragondin: appelé aussi castor des marais ce mammifère est originaire d'Amérique de Sud. Il est introduit en Europe pour l'élevage ( pour sa viande et surtout sa fourrure épaisse).Tous les ragondins , du moins leurs descendants sont des évadés de cet élevage fermé du 19ième siècle. L'animal pèse jusqu'à 10 kg, mesure prés de 70 cm avec en plus une queue de 40 cm. Il a investi les ¾ du territoire. Plutôt nocturne il se débrouille le jour. Il est herbivore mais il peut déguster à défaut des moules d'eau douce. Il est reconnaissable à ses 4 grandes incisives couleur orange, presque rouges. Il creuse des terriers dans les berges depuis la rive longs de 6 à 7 mètres avec sas et siphons. Madame peut avoir 2 à 3 portées par an de 5 à 7 petits. Le ragondin est plutôt solitaire mais il s'accommode de la vie en petit groupe. Il est à la limite d'être classé nuisible et peut être détruit, en certaines régions, avec autorisation. Sa chair serait excellente..

Relèvement : reconstruction d'un mur écroulé.

Remblai : terre, pierres, restes de maçonnerie rapportées pour combler une cavité, aplanir un sol, faire une  « levée » (terme ancien désignant une digue).

Remontage : rehaussement d'un mur existant et en bon état.

Reprise : partie refaite d'un mur, jointive si elle est sans raccord avec l'ouvrage existant conservé, liée si elle est raccordée à la partie saine d'origine.

Sable : brièvement, matière pulvérulente (à l'état de poudre) résultant de la désagrégation de certaines roches comme l'argile, le calcaire et surtout le granit (mica, quartz...).Il peut être de couleur jaune, blanche, grise, verte... On le trouve en bord de mer, en rivière, en gisement fossile. Il est utilisé pour la construction, la fabrication du mortier en particulier.

Sauterelle : fausse équerre à branches mobiles permettant de mesurer et reporter des angles.

Sécurité : Casque (parfois), gants, chaussures et lunettes de sécurité (éclats de taille) sont obligatoires. Ne jamais soulever seul de grosses et lourdes pierres ni laisser les doigts dessous en les posant. Pour lever les charges maintenir le dos bien droit en s'accroupissant et tenir les pierres près du corps. Dès qu'un engin circule (tracteur, mini pelle) se munir du gilet jaune et d'un casque antibruit.

Semelle : assise de grosses pierres constituant les fondations d'un mur érigé en terre. Le calage doit être soigné en évitant de combler avec de la terre qui se tasse avec le temps.

Smille : marteau pointu aux deux bouts servant à piquer les pierres et régulariser leurs faces.

Soustille : selon le dictionnaire français-provençal de la langue d'oc, la soustille, du latin suslentalio puis du provençal soustilha est une cale qui peut être une pierre plate ou pas, qu'on installe pour empêcher un objet de vaciller ou mettre cet objet à niveau. Le dernier enregistrement de ce mot date de 1817...il est remis au goût du jour sur le chantier de Naucaze.

Taille de la pierre : après avoir analysé la pierre (lignes,failles,clivages) il faut « l'attaquer » par le point le plus fragile. Pour une découpe droite tracer d'abord une ligne à coups dosés puis plus forts en laissant bien porter le marteau. Sans aborder les techniques sophistiquées des artisans confirmés qui utilisent le têtu, la boucharde (nous aussi) la chasse, la broche, ...etc, arrêtons nous au ciseau. Le travail avec cet outil peut se faire dans tous les plans de la pierre, le plan horizontal étant le plus confortable. L'arête du ciseau doit être positionnée en diagonale, le coup de massette s'effectuant vers l'intérieur de la pierre. Le ciseau est légèrement incliné (quatre vingt degrés). A l'aide de cet outil on peut aplanir des surfaces, effectuer des ciselures grossières et supprimer de la matière en excédent avant la pose. Attention! : aucune taille ne doit être réalisée sur une pierre en place pour ne pas bousculer et déstabiliser l'ouvrage en cours.

Tête de mort : pierre informe, inexploitable.

Têtu : marteau utilisé pour dégrossir les pierres.

Tractopelle : engin automoteur comportant à l'avant un équipement de chargeuse, à l'arrière un équipement de pelleteuse. Il a l'énorme avantage de pouvoir se déplacer sur route en toute autonomie. Il est robuste et assez polyvalent. Il peut être équipé de brise roche, raboteuse, balayeuse, crochet de manutention, lame de déneigement.

Tri (des pierres) : avant de construire disposer les pierres en rangées de même épaisseur et par ordre de longueur croissante ou décroissante. Séparer tout ce qui constituera la fourrure. Quand les pierres sont jetées en vrac la recherche est infiniment plus longue qu'avec des pierres triées.

Vivier : bassin d'eau plus ou moins vaste, entouré d'un muret de pierres, créé le plus souvent en barrant un cours d'eau ( ou au point de « vidange » d'un étang). Il est construit à proximité du château , pour conserver des poissons destinés à la consommation des mois à venir (notamment pour se conformer à la coutume du vendredi, jour du poisson et à celle du jeûne. La surveillance en était étroite et l'on éloignait (voire exterminait) les martins pêcheurs, les hérons, les cormorans...déjà et quelques voleurs.

Zone humide : régions où le principal facteur de développement du milieu biologique (biotope) est l'eau, marine ou douce, dormante ou courante. Elles sont, pour les eaux stagnantes, des étendues de marais, fagnes ou tourbières permanentes ou temporaires, traversées ou pas de ruisseaux. La végétation poussant dans ces zones humides d'eau douce est dite hélophyte (racines dans l'eau et feuilles aériennes) composée en majorité de plantes hygrophiles (se développant par forte humidité). En France les zones humides abritent 25% de la biodiversité (pour 3% du territoire!) mais ces zones sont malheureusement en régression. Elle ont une fonction biologique très importante. La biodiversité est remarquable avec 1/3des espèces végétales menacées ou disparues ailleurs, la moitié des espèces d'oiseaux, certains poissons, batraciens, insectes. Lieux d'abri, de nourrissage et de reproduction elles sont aussi étapes de migration et d'hivernage. La qualité de l'eau est préservée. La beauté paysagère est incomparable. Les zones humides sont des lieux de détente qu'il faut protéger. Ce patrimoine naturel est en danger .Elles sont réduites, asséchées pour des intérêts économiques à court terme, curées, drainées à grande échelle pour l'industrialisation, polluées par les engrais, les pesticides, le remblaiement et l'urbanisation. Depuis les années 90 des choses sont faites. Surviennent la Loi littoral, la Loi sur l'eau, les Lois pêche, les LOADT et LOA, la Loi sur le développement des territoires ruraux ainsi qu'un plan national d'action pour les zones humides. L'application progressive de ces textes participe du sauvetage de ces zones. Trois directives européennes (oiseaux, habitat, eau)sensibilisent au problème et appuient la protection ainsi que les conventions internationales successives de Ramsa (Iran), berne et Rio.

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